L'utilisation de la DHEA ne pose aucun problème éthique particulier si l'on s'en tient aux règles habituelles qui régissent les décisions déterminées par le respect de l'esprit et de la pratique des sciences biologiques et médicales.


Données actuelles

La DHEA est un produit naturel, synthétisé par l'organisme humain. Elle est facile à synthétiser chimiquement et à obtenir dans un état de pureté absolue, sans contaminant qui pourrait être délétère pour la santé. A dose appropriée, elle est utilisable sans risque par toutes les voies d'administration qui ont été essayées jusqu'à présent : oralement (par la bouche), par injection (sous-cutanée, intramusculaire, ou intraveineuse), et au niveau de la peau (dans un but d'application locale ou pour en obtenir le transfert à l'intérieur du corps). Par dose appropriée, il faut entendre, si l'on tient compte des connaissances actuelles, une dose qui n'entraîne pas une concentration de DHEAS supérieure à la normale des sujets jeunes, et son administration à l'exclusion des cas contre-indiqués.
Il faut qualifier plus précisément l'administration orale de DHEA, la seule étudiée jusqu'à présent, en s'assurant que les contrôles nécessaires sont pratiqués, en déterminant et donc vérifiant la qualité et la quantité du produit absorbé, et comparant les résultats avec les observations faites sur des sujets parallèlement soumis à l'administration d'un leurre (un placebo) sans le savoir, non plus que le(s) médecin(s), et biologiste(s) examinateur(s) ("double aveugle").

Jusqu'à présent, les études contrôlées publiées ont concerné des doses de DHEA de 50 mg chez des personnes de plus de 60 ans et moins de 80 ans, pendant un an, dans les deux sexes (Baulieu et al., 2000 ; Legrain et al., 2000) ; de 100 mg pendant 6 mois chez des hommes et des femmes de 50 à 60 ans (Yen et al., 1995) ; et de 50 mg chez des femmes ayant une insuffisance de production surrénalienne (recevant aussi un corticostéroïde de synthèse) de tous âges, pendant 3 mois (Arlt et al., 1999). Actuellement l'administration de DHEA en dehors des suggestions de ce site ne nous semble pas éthique, car elle n'a pas été scientifiquement évaluée : la science ne suffit pas à définir une position éthique, mais sans elle il n'y a pas d'éthique.


Problèmes en cours


Aucune contre-indication autre que celles évoquées ailleurs (tumeurs) n'ayant été détectée après administration orale de 50 mg quotidiens, à des hommes et des femmes de 60 à 80 ans pendant un an, il n'y a pas de problème éthique pour proposer la DHEA à l'autorisation d'une mise sur le marché.

Les observations préliminaires chez les sujets de DHEAge au cours des deux années qui ont suivi le premier, et l'extraordinaire expérimentation "sauvage" de l'utilisation non contrôlée de DHEA - légalement aux Etats-Unis et plus ou moins légalement tolérée dans plusieurs autres pays - ainsi que l'étude favorable entreprise chez les personnes atteintes d'insuffisance surrénale encouragent au raisonnement logique suivant : avec un produit contrôlé pharmaceutiquement et l'examen préalable et le suivi d'un médecin, l'administration orale d'une dose de DHEA entraînant des concentrations hormonales physiologiques, ne posera pas a priori de problème éthique si les contrôles sont pratiqués tous les six mois.

Il en est de même pour le cas de l'administration au niveau de la peau, l'indication étant alors de prévenir ou s'opposer au vieillissement de la peau. Si les quantités de DHEA appliquées n'entraînent que des modifications de la concentration sanguine de DHEAS qui reste dans le cadre des variations physiologiques, il n'y a pas de considération scientifique différente, et donc pas d'objection éthique différente du point de vue énoncé plus haut.